Présentation







Rivière d'acier bleu
                                                         



                                                                 RUST ART   

"Les images ne sont-elles pas qu'une représentation d'un monde imaginaire ? "  Jan




Voici en image le contexte dans lequel j'évolue la plupart du temps, dans les friches industrielles en Alsace.


Sélestat Lost/Friche
Friche à Rosheim

Zone Artisanale Lutzelhouse




Photo prise par Martin Ott







Rust attraction (Martin Ott)







En pleine action, concentré sur un détail de ballots de plastique


Et voilà,....: oh !!!!



Plastic fondu : de loin, de près, avec une jambe...




  
Aplats



  
Bleu fondu




  
Après la chute





Sur ses deux jambes avec le recul


ou du général au détail, c'est selon !



Sur la route
                          
                             En conversation
                           


  
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Spiralée



            
                         MASA Rosheim Benne aux filoches d'acier





                                                
                                        ***
Un peu de pédagogie...

Fidèle, je ne touche pratiquement pas à la structure de la photo source, mais grâce au logiciel de retouche, je déplace mes curseurs jouant comme un enfant sur la lumière et les couleurs! Je dévoile l'intimité de la matière, la texture de son épiderme, son grain !

Comment passer de la matière brute à la couleur pour transformer, embellir, sublimer ?

- En refroidissant tout simplement la température des couleurs :



   
Brune de lune
   
Bleu de lune





-ou en réchauffant les couleurs :


   
Poutre d'acier/chalumeau


L'effet mer de feu




   
Sur le toit  brûlé du tracto

     
Le phallus















- Ou encore en ravivant les couleurs :



Ternes couleurs

Aux couleurs du temps










- En joutant sur la texture, par transparence, sur le curseur opacité :




Un boulon cramé

Le bouton opalescent

- En forçant sur la vibrance et la saturation de la couleur :



    
Au bord de l'eau


Désert






    
Benne à papier brûlée
Détail de la peinture brûlée




                                                   ***


                               Galerie




Évolution de ma démarche artistique picturale au fil des années.


Comment laisser traces ?        

Ma démarche artistique s’est immiscée en moi de manière presque inconscience. Elle s’enracine dans mon enfance, au plus loin, je me souviens que je passais des heures à observer les papiers peints,  j’y voyais des formes, des visages…des paysage. En 1979, lorsque j’étais adolescent, j’ai battu la campagne à vélo avec mon ami Vincent, pour mes premières expéditions photographiques, collines, décharges et usines à charbon et de pétrochimie. Nous avons mené à bien un projet dénonçant la pollution dans la nature. 200 photographies, montées sur de la musique et des paroles engagées. Ce diaporama fut diffusé à tous les élèves du collège. Puis des années plus tard,  pour mon examen d’entrée à l’école d’éducateur spécialisé, j’ai dû passer le fameux « test du Rorschach », j’ai adoré ! Volupté et sensualité mêlées. Plus tard encore, alors que j’étais tranquillement allongé dans mon bain, j’appréciais d’analyser, avec délectation, les carreaux bleus et blancs de notre salle de bain dont les arabesques orientales dessinaient tantôt des danseuses, tantôt des vulves, tantôt un visage d’ange ou une tête de taureau ou encore un chanteur de Rock !

Durant mes voyages à travers la belle Europe, j’ai photographié avec des filtres de couleur et en diapositive : l’architecture des bâtiments, la nature, la mer, le ciel…A Venise mon regard s’attarde sur les murs décrépis des petites ruelles. Puis, vient un délire photographique en 1991 avec un temple de STRASBOURG éclairé en bleu durant la nuit, de belles émotions glacées ! Puis une période de latence et d’écriture.

Soudain, des années plus tard, une révélation, sur la porte des chiottes était accroché une carte du monde et chaque jour, en décalant mon regard, j’y ai découvert de multiples univers. Le projet de créer un livre pour enfant est né, en 2012. Je me suis alors amusé à photographier des fragments de territoires, les continents et autres océans pour les déformer grâce un logiciel informatique en dessin à l’ordinateur. En 2013, je m’associe à Jean-Denis MURA pour l’illustration et Marie PINCEMAILLE pour le scénario , pour construire, sur cette base, une histoire à partir des formes de la mappemonde, et nous avons imaginé des personnages, des aventures ….


Iles nues en Mer de Barens





                                        
                                                         La Finlande, la femme






Concomitamment mon travail artistique s’est développé vers la photographie empirique à part entière. En effet, je me suis progressivement passionné pour un  travail orienté vers la prise de vue de la matière en position macro. Ce travail à propos du microcosme a débuté courant de l’année 2011, notamment par plusieurs séries de différents sujets, comme : les machines agricoles abandonnées et rouillées ; les reflets de l’eau et des bols tibétains ;  les flaques à marée basse, le sable, les vagues et puis les capots de voiture…






Reflets




Et mon travail de recherche sur la texture de la matière s’est poursuivi par un travail d’observation plus philosophique. Je recherchais les marques du temps sur la matière, je voulais capter la décomposition, sa lente mort, sa résurrection… mon travail photographique s’est notamment tourné vers… les cimetières, lieux puissamment symboliques ; j’ai notamment pris en photographie les moisissures sur les inscriptions des tombes ; puis tout naturellement mon observation de photographe s’est tourné vers un travail autour de la rouille, évidement sur le fer, mais pas seulement, sur la tôle ondulée, sur l’acier et puis l’aluminium. Enfin, je me suis également amusé avec la pierre, le bois, le marbre, le verre, les nuées…Cette approche m’a littéralement permis d’entrer dans un monde parallèle, une autre réalité, alors la dynamique de la paréidolie s’est  inscrite en moi de manière indélébile, je retournais  à mon âme d’enfant. L’imaginaire m’ouvrait ses bras, je suis tombé en pamoison, c’est-à-dire que je suis littéralement retombé en enfance !



    
Tombe Israélite à Rosenwiller



Saisir les traces que laisse le temps sur la matière pour laisser traces de la conscience humaine. Saisissantes traces esthétiques, émotionnelles, virtuelles. 
 A l’instar de la poésie d’Arthur Rimbaud -qui transforme la laideur en beauté- ma démarche artistique s’inscrit dans la transfiguration, du hideux au beau. Je m’enracine dans  cette veine identitaire. « Tu m’as donné ta boue, j’en ferai de l‘or » : Charles Baudelaire.


La fleur du mal; cliché pris sur une benne à ordures



Phare de bagnole

Pont des piliers Rue de Molsheim Strasbourg






L’autre jour, durant un vernissage, c’était en septembre 2015, un ami m’a demandé à quel âge j’avais réalisé ma première photographie artistique. D’abord, j’ai pensé en mois, puis en année : « deux ou trois ans… je crois ! » Il fallait plutôt évoquer plusieurs décennies car en réfléchissant à cette question anodine, un souvenir ancien fit soudain irruption. Réminiscence !

C’était en fin d’hiver, dans les années 1970, j’étais enfant, je devais avoir 9 ou 10 ans… je suis parti, seul en balade et j’avais entre mes mains un appareil photo qui appartenait à mon grand frère ; un engin ordinaire, c’était un petit kodak extra plat, avec une pellicule 400 Asa, si mes souvenirs sont bons, en tout cas, c’était du noir et blanc. J’avais vaguement dans l’idée de faire des photos originales, genre inédites, je n’appréciais guère les photos d’anniversaire celles où les personnes ont l’air figé, stoïque, avec leur sourire forcé. J’avais repéré, en haut de chez moi, un terrain vague. Des camions y avaient déversé des tonnes de terre et autres gravas ; j’adorais monter sur ces monticules de mâchefer, de roches, de sable. Au pied de ces montagnes grises, des nids de poule immenses formés par les passages des camions lourds. Ces endroits se révélaient, pour mes yeux d’enfant,  de formidables lacs de boue ; j’aimais y lancer des cailloux et y plonger prudemment mes bottes en plastiques bleu.

Soudain, une révélation : j’ai vu dans la flaque, le reflet des nuages… j’ai sorti mon appareil photo de ma poche… je me souviens d’avoir longuement cherché le bon cadrage. Je savais que les photos à développer coûtaient cher, je ne voulais donc pas gâcher la pellicule, d’autant que j’avais omis d’en parler à mon frère. Alors, je me suis  accroupi au plus près de l’eau, mais il ne fallait pas que la flotte  dépasse le haut de mes bottes. Naïvement, je voulais à la fois capter avec l’appareil les bulles de mousse qu’avaient formées mes jets de pierre et le reflet du paysage tourmenté à la surface de l’eau saumâtre. Concentré sur ma tâche, j’arrête de respirer et le temps s’arrête.

 J’avais le cul mouillé, mais aussi le sentiment d’exister vraiment, c’est-à-dire comme une personne et plus comme un enfant. Aujourd’hui, avec le recul, je me dis que je cherchais sans doute à donner un effet bizarre, je souhaitais une image irréelle, une image non terrestre. J’avais certainement dans la tête les images du sol lunaire diffusées par de la mission Apollo 13.  D’ailleurs à l’époque, on trouvait facilement ces images couleurs dans les emballages bleus des chocolats Suchard. Je revois très distinctement le module lunaire blanc sur un fond mauve hyper saturé. J’adorais cette icone, elle a longtemps trôné sur mon dessus de lit.

J’ai toujours été un visuel, dyslexique, j’étais attiré par les images bien plus que par le texte. D’ailleurs je crois bien avoir réalisé une grande partie de mon éducation grâce aux illustrations magnifiques des énormes dictionnaires paternels.


Lorsqu’on a développé les photos papier, je me suis fait copieusement enguirlander, mais en mon for intérieur, j’étais surtout dépité par le rendu photographique. Les photos correspondaient assez peu à l’émotion éprouvée lors des prises de vue. Un flou décevant avait aplani la complexité des reliefs et des reflets, mais l’envie de capter l’irréel était dorénavant inscrit en moi. Résurgences.

***



La rouille est une matière vivante, dans ces reliefs, ses montagnes de raclures, des êtres semblent s’y réfugier. Souvent, dans l’inconscient collective, la rouille s’affiche comme l’emblème de la décadence, la rouille est fréquemment vue comme malfaisante, maladive et rebutante. Pourtant, à travers la lumière et sa palette infinie de couleur, la rouille comme le salpêtre, peut se métamorphoser en véritable paysage d’or, des tableaux contemporains, de vielles estampes, des iconographies, comme autant de nouvelles cartographies. Bref, voici ma manière d’appréhender le monde, le voir en couleur, et faire de belles rencontres issue de la misère. Ma photographie est une posture engagée, une sorte d’acte politique et social, une esthétique poésie ! 


 
"La rouille a une santé de fer !"  Jan !


L'île d'Amour
               

Mes œuvres sont mes amies. Mes œuvres sont telles des âmes qui dansent autour de moi, éternellement ;  elles sont mes anges gardiennes ! Elles sont réconfortantes, et cette magnifique énergie semble contagieuse, elle se propage en partage. Ces anges viendront peut-être vers vous, pour vous rencontrer, et vous choyer à votre tour. Émotions si délicates, émotions colorées, de la couleur en votre cœur émerveillé !  



La rencontre des deux Anges

 Merci à tous les êtres qui habitent le microcosme du réel. 



Google dream

Google dream



Le chien qui rêve




Galerie